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Walid Regragui : Les confidences d’un homme qui a mis le Maroc sur orbite

De l’aéroport d’Orly aux demi-finales de la Coupe du monde, Walid Regragui n’a jamais cessé de parler le même langage : celui du travail. Dans un entretien fleuve accordé à Mohamed Erramach pour le podcast Atheer, l’ancien sélectionneur du Maroc est revenu sur les expériences qui ont construit sa personnalité, les choix qui ont façonné son management et les coulisses de l’épopée historique de 2022. Derrière le technicien qui a emmené les Lions de l’Atlas parmi les quatre meilleures nations du monde, se dessine surtout un homme profondément attaché à l’effort, au collectif et à l’idée qu’aucune réussite ne doit faire oublier le chemin parcouru.

Du nettoyage d’Orly aux bancs des plus grands

Avant les trophées, il y a eu les nuits de travail avec sa mère à l’aéroport d’Orly. Adolescent, Regragui l’accompagnait pour l’aider et mettre de l’argent de côté. Une période qui, selon ses propres mots, lui a appris l’humilité, la discipline et la valeur du travail accompli sans jamais chercher la lumière. Cette mentalité l’accompagnera ensuite dans une carrière de joueur construite tardivement, puis dans sa reconversion. Lorsqu’il devient entraîneur, il refuse de considérer son passé d’international comme un passe-droit et investit plus de 30 000 euros dans sa formation, convaincu que le coaching exige de la maîtrise tactique, de la psychologie et une compréhension fine de l’humain. Du FUS Rabat au Wydad, en passant par Al-Duhail, son parcours se construit ainsi par les résultats et l’apprentissage jusqu’à cette opportunité qui va changer sa dimension : prendre les commandes du Maroc à quelques mois du Mondial 2022.

Qatar 2022 : quand la force du groupe dépasse les individualités

Nommé dans l’urgence, Regragui transforme rapidement une sélection talentueuse en un véritable collectif. Il réintègre Hakim Ziyech et Noussair Mazraoui, accorde une importance particulière à l’équilibre du vestiaire et assume une approche où la dimension humaine compte autant que la tactique. Les anecdotes racontées autour de Yassine Bounou, remplacé au dernier moment contre la Belgique, ou d’Achraf Hakimi et sa Panenka face à l’Espagne illustrent cette philosophie : faire confiance aux joueurs et leur permettre d’assumer les moments décisifs. Même la présence des familles durant la compétition répondait à cette logique de stabilité émotionnelle. Pour Regragui, la fameuse « Niya » n’a jamais été synonyme de miracle ou d’attente passive : elle représente la sincérité de l’intention lorsqu’elle est accompagnée par le travail, la foi et l’abnégation. C’est avec cette recette que le Maroc élimine successivement la Belgique, l’Espagne puis le Portugal et devient la première sélection africaine et arabe à atteindre une demi-finale mondiale.

L’après-Regragui : laisser une identité et viser encore plus haut

Au-delà de Qatar 2022, l’ancien sélectionneur défend une conviction : le Maroc n’a pas besoin de reproduire les modèles européens pour exister au plus haut niveau. Il veut voir émerger un véritable « ADN marocain », mélange de caractère, de qualité technique et d’attachement au maillot, porté notamment par le travail de l’Académie Mohammed VI. Il assure également avoir bénéficié d’une totale liberté sportive sous Fouzi Lekjaa et considère que son départ, après un cycle particulièrement intense, pouvait permettre au groupe de retrouver un nouvel élan. Aujourd’hui en congé sabbatique, Regragui prend du recul tout en continuant d’observer le football mondial. Mais son ambition, elle, n’a pas changé. Après avoir contribué à faire tomber un plafond de verre avec le Maroc, il veut désormais s’attaquer à un autre : s’imposer comme entraîneur marocain et africain sur le banc d’un grand club du top 5 européen. Son histoire n’est donc pas celle d’un homme arrivé au sommet ; c’est celle d’un entraîneur qui considère chaque sommet comme le point de départ du suivant.

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